Après des années de division et de traumatismes de nature sociale mais aussi urbaine, la capitale allemande traverse une énième crise identitaire autour de différents pôles de reconstruction et d’innovation. La division de la ville a eu un impact culturel important, doublant les institutions culturelles en son cœur notamment à travers la construction du Kulturforum.

Il y a plus de 200 musées à Berlin, couvrant une palette de thèmes très large, allant des monstres de l’île aux musées au plus intimiste musée gay ou au café des Ramones, en passant par de nombreux musées historiques dont le fameux musée juif de Daniel Libeskind.

En parallèle, les vagues de squats successives ont vu émerger des formes de cultures alternatives - punk, autonome, queer, anarchiste, écolo, radicale - qui tiennent une place importante dans la ville au vu de son développement. Si la gentrification fait son œuvre, le mouvement alternatif a pris une place à Berlin qui dépassait nettement la marge, et qui laisse des traces significatives dans la culture des habitants - ici depuis trente ans ou nouvellement arrivés. Dans cet espace d'ouverture et de tolérance, les individus trouvent une certaine liberté d’être impliquant un spectre très large de manières de se loger, se nourrir, se vêtir, se déplacer ou encore de construire son itinéraire professionnel.

   "Berlin est une capitale qui demeure abordable. Elle permet notamment de cumuler différents jobs pour un revenu minimum, laissant la place à une expression artistique (plus souvent mise de côté lorsque la nécessité l’impose), ou au développement de projets chronophages, chimériques et vertigineux. Tels que la conception d’un Musée des Couleurs... C’est à Berlin que ce projet a vu le jour dans ma tête, et c’est ici que, deux ans après, j’ai pu commencer à m’y consacrer de manière plus intensive, en vivant de mes revenus comme guide touristique". (Natacha Le Duff, porteuse du projet).

 

 


Berlin, laboratoire culturel

C’est un des lieux privilégiés de l’expérimentation culturelle en Europe occidentale. La capitale allemande jouit d’une dynamique qui est encore loin d’avoir atteint ses limites. Berlin est une ville où l’on vient (s’)essayer, expérimenter, sans risque de proposer quelque chose de différent, voire hors-sujet...

L'essentiel de la migration internationale implique une surreprésentation de personnes créatives au sens large : musiciens (jazz, électro, rock), plasticiens (des designers aux street artistes), performers (danseurs, comédiens, acrobates).

Les enjeux liés à la création d’un musée des couleurs - qu’ils soient intellectuels, logistiques ou techniques - doivent trouver des modes de résolution originaux, afin d’apporter des avantages et de l'originalité au projet. Ceci n’est possible que dans un environnement qui offre une grande flexibilité dans les manières de faire ainsi qu'une réelle capacité d’adaptation. On imagine ainsi que ce projet profiterait de l’immense créativité des Berlinois, tout en constituant un “terrain de jeu” privilégié pour des professionnels de diverses natures. La méthode de travail collectif est élaborée dans cette direction.

Une capitale européenne en plein essor

Redessinée en 1920 par des urbanistes audacieux, Berlin s’est agrandie de 57 villages et bourgs alentours, rassemblant 860 km2 - sa superficie actuelle. C’est l'une des capitales européennes les moins densément peuplées (un peu moins de 4000 hab/km2). L’espace laissé vacant par la chute du mur est encore en partie à reconquérir, laissant de véritables respirations au cœur de la ville et des sites incroyables tels que celui de l’aéroport abandonné de Tempelhof. Berlin est donc plein d’une potentialité encore à exploiter. Donner une seconde vie à un élément du patrimoine industriel berlinois semble également envisageable.

De plus, la capitale allemande vit une véritable "success story" sur le plan touristique. Elle a accueilli plus de 12,37 millions de touristes en 2015*.

Une capitale colorée

L'image que l'on se fait de Berlin est souvent celle d’une ville terne, plutôt austère, triste - grise, en définitive. Les couleurs tiennent pourtant à Berlin une place de choix, mises à l’honneur dans de multiples contextes et sous des formes diverses. C’est d’abord l'influence du Bauhaus qui a profondément marqué la culture de l'architecture et du design allemands, et nombreux sont les façades et intérieurs affublés de couleurs vives, notamment dans les quartiers populaires.

Déclarée capitale mondiale du street art par le New York Times, Berlin offre à ses visiteurs un panel de couleurs qui va bien au-delà de l’utilisation pratique de couleurs signalétiques. Les murs en témoignent, abondamment affublés de gimmicks visuels et autres oeuvres plus substantielles. Les couleurs comme des pigments, des paillettes, des bulles, éphémères et pourtant constamment là.

 


           

*https://www.deutschland.de/fr/news/le-tourisme-a-berlin-est-en-plein-boom

 

 

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